Chroniques
Du panache des tristes
16/12/10
Quand le moral est dans les godasses, bien ancré et pour un moment. Quand ton patron, qui cherchait un prétexte pour te descendre et t’expédier ad patres, a enfin trouvé la faille et éructe de plaisir à t’annoncer la grande nouvelle. Quand la tristesse t’accable de voir tes enfants plus avec les personnes qui les gardent et/ou les éduquent. Quand les petites joies de la vie peinent à compenser emmerdes et vilainies de quelque nobliaux à vocation homicide, que reste-t-il sinon le panache ? Rien.
Heureusement donc, il y a le panache ! Et pourtant, Edmond Rostand est catégorique dans son Cyrano, le panache est inutile. Que dire, sinon qu’il a raison ! D’autant plus raison que nous vivons dans une époque déplorable où nous ne sortons de notre solitude que pour jouer la proie ou le prédateur. Réjouissant ! Et bien, merde aux cons, car entendre Cyrano dans sa fameuse tirade du Non merci ! ça fait du bien, ça fait vachement du bien. Ami lecteur, cette tirade lis-là, ressens-là, vis-là et tu verras, l’effet est garanti.
La tirade des « Non merci ! »
LE BRET
Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire,
La fortune et la gloire… La suite >
Aphorisme d’Épicure sur la servitude du quotidien
8/12/10
Il faut se libérer de la prison des occupations quotidiennes et des affaires publiques.
Épicure – Sentences vaticanes (58)
Des occupations quotidiennes
Les occupations quotidiennes, comme le travail ou toute forme de temps contraint, sont une aliénation pour l’homme qui veut se libérer et se faisant atteindre le bonheur. Voilà ce qu’Épicure a compris et bien compris. Mais voilà, il faut bien crouter et payer le loyer, c’est aussi une vérité première. Alors que faire ? Se contenter de peu et se contraindre peu en vue d’obtenir ce qui nous est nécessaire (ce qui chez Épicure se résume à se loger, manger et boire).
Pas bézef chez nous autres contemporains, pas assez pour être heureux ça m’apparait évident. Aujourd’hui, il faut se divertir, se déplacer, communiquer un minimum pour exister socialement. Toutes ces petites choses nous sont devenues naturelles et donc nécessaires, au sens vital du terme. Dans nos pays où chaque jour l’horreur libérale progresse, l’aide sociale n’est plus suffisante pour s’assurer ce minimum vital. La suite >
Ces bactéries qui se nourrissent d’arsenic
4/12/10
La Nasa vient de faire une découverte surprenante. Une bactérie peut vivre dans un milieu sans phosphore, en utilisant l’arsenic pour se développer.
On connaissait des bactéries capables de vivre à des températures avoisinant (voire dépassant) les 100°C. On savait que certains microbes pouvaient vivre à des altitudes de plus de 40 km, ou se nourrir exclusivement de chlorates, de méthane, de fer ou de souffre, sans oxygène ni lumière. On connaissait également cette bactérie, la GFAJ-1, issue des grands fonds du lac Mono, capable d’engloutir des tartines d’arsenic au petit déjeuner.
De la vie sans phosphore
Mais les chercheurs de la Nasa viennent de faire une découverte plus surprenante encore. En plaçant ces bactéries GFAJ-1 dans un milieu plein d’arsenic totalement dénué de phosphore, elles survivent. Elles se reproduisent, même, comme si de rien n’était. Comment est-ce possible ? Rien de plus simple, elles utilisent l’arsenic pour combler les trous, jusque dans leur ADN ! Je vous déconseille toutefois de tenter l’expérience sur vous-même… l’arsenic est un des poisons les plus violents qui existent. La suite >
Le dernier livre de Houellebecq en téléchargement
30/11/10
C’est l’affaire du moment dont tout le monde parle. Et pour cause ! Le prix Goncourt 2010 qui a été décerné à Michel Houellebecq pour La carte et le territoire a été mis à disposition des internautes, gratuitement sur le site Rapidshare en version PDF par Florent Gallaire, juriste spécialisé en droit numérique, qui explique cette mise à disposition gratuite par le fait que La carte et le territoire est sous licence libre, en l’espèce sous licence libre Creative Commons…
Comment cela se peut-ce ?
Joli ! Mais comment peut-on arriver à faire d’une œuvre littéraire, qui plus est un prix Goncourt, une œuvre libre ? Pour Florent Gallaire le cheminement de cette conclusion est fort simple. Michel Houellebecq pour écrire La carte et le territoire aurait puisé dans Wikipedia certains des passages de son roman. Et comme Wikipedia est sous licence Creative Commons By-Sa, le livre de Michel Houellebecq l’est aussi. Pour preuve, on peut lire sur Wikipedia : La suite >
Le pourquoi d’Amazon sur le site
25/11/10
Alors, ami lecteur, tu as vu apparaitre ces derniers jours de petites boites Amazon qui proposait à l’achat des disques, des dvd ou des livres (de manière contextuelle au texte de l’article). Pourquoi ceci ? C’est simple, j’avais le désir profond de te faire découvrir l’excellent service de Amazon.fr, l’efficacité de son système de livraison et de suivi, la livraison gratuite en France et en Belgique, des prix hyperconcurrentiels. Et tout ces services qui surclasse (à l’aise) les sites de ce type sur la toile.
Dans le cas (le plus probable) où tu ne me croirais pas, je vais te dire le vrai pourquoi, bien que je suis plus ou moins certain que tu t’en doutes ? Bien oui, le pognon malin ! Même s’il est vrai que le site Amazon est une des meilleures boutiques en ligne du moment, pour les raisons que je t’ai donné dans le premier paragraphe… Dans leur programme de partenariat, Amazon me rétrocède royalement 5% du chiffre d’affaire généré par mes liens sur mes pages. La suite >
Le film Madâme sur Bernadette Chirac
19/11/10
Vu d’en bas, nous autres du peuple avons je pense une mauvaise vision de ce qui se passe en haut. Ce n’est pas le « tous pourris » vineusement éructé du café du commerce. Il ne faut pas non plus s’imaginer un idéal paradisiaque où des bourreaux de travail se crèverait pour des privilèges (un peu) mais (heureusement) le reste de leur temps pour le bien-être de la communauté. Bêtement, je pense qu’en haut, c’est des gens comme nous. Ni bons, ni mauvais, humains simplement, comme nous. Mon but en écrivant ces lignes n’est ni de défendre, ni de fustiger mais simplement de comprendre.
Le pouvoir et l’argent mettent à disposition de ceux qui les détiennent des facilités et des privilèges qu’ils seraient sots de refuser. C’est du simple bon sens, quels que soient les convictions et les engagements de chacun. C’est attractif c’est sûr et nombreux sont prêts à sacrifier beaucoup (voire tout) pour les avoir, et une fois acquis, déterminés à les défendre. Et plus on monte, plus la détermination et le prêt-à-tout sont nécessaires pour départager les crevards encore en lisse. Tant et si bien qu’au sommet, il va sans dire que les chemins des vainqueurs sont parsemés des cadavres des victimes qu’ils ont éliminés en route. La suite >
Un aphorisme d’Épicure sur le camouflage
14/11/10
Il ne s’est pas foulé, l’Épicure avec cet aphorisme. C’est vrai trois mots, c’est pas bézef surtout si (avec un petit effort d’imagination) on se dit que celui-ci a été lâché à la cantonade après un homérique banquet épicurien composé de pain, d’un petit bout de fromage et d’un verre de flotte coloré au picrate grec, par essence pas folichon, quand il ne s’agit pas d’essence tout court.
Dissimule ta vie.
Épicure
Derrière mon vain persiflage dominicale, jour schopenhauerien de l’ennui, se cache une vérité qu’il est bon d’avoir à l’esprit ; pour vivre heureux, mieux vaut se cacher de la malveillance universelle. Car autrui, tu as du l’expérimenter ami lecteur tout autant que moi, attend toujours la première occasion pour t’en coller une derrière la tête. La maxime d’Épicure a donc sa pertinence mais aussi une La suite >
11 Novembre 1918, fin de l’horreur
11/11/10
Jour de mémoire où il y 92 ans, presque un siècle, se terminait la première guerre mondiale et sans doute une des plus grandes boucheries qu’aura connu l’espèce humaine dans sa longue et lamentable histoire guerrière. Dix millions de morts, un massacre industrialisé et des conditions de subsistance inimaginables pour les combattants des tranchées. Des paysages lunaires défoncés d’obus, des barbelés, des trous emplis d’eau et de cadavres en décomposition, la mort omniprésente sous les tirs d’artillerie ou dans de sanglants corps à corps à la baïonnette, la peur permanente, la faim et la soif. A supposer que l’enfer existe, il doit ressembler à ça c’est sûr. Rien que d’y penser, j’en tremble d’effroi. La suite >
Un aphorisme d’Épicure sur la richesse
10/11/10
Dès qu’il s’agit de pognon et de philosophie, il faut admettre qu’on a droit à tout. J’ai eu droit récemment à Michel Onfray qui via son éditeur me râlait dessus rapport à la Contre-histoire de la philosophie que je publiais sur mon site – quand je dis râlait je veux dire qu’il me mettait en demeure de cesser séance tenante. Malgré la possibilité technique d’hébergements hétéroclites off-shore et de serveurs proxy diluant au néant toute tentative de poursuite à mon endroit, j’obtempérai, eu égard à l’estime que j’ai pour le Michel Onfray susnommé.
Seul celui qui peut se passer de la richesse est digne d’en jouir.
Épicure
Lequel m’envoya alors un courrier indiquant que toutes ses conférences étaient bénévoles, et qu’il lui fallait bien remplir le réservoir de sa Golf cabriolet La suite >
La crise américaine est terminée…
21/10/10
C’est officiel, dixit la banque centrale américaine, la crise est finie. Sans déconner ? Alors donc c’est la fête, sonnez hautbois, résonnez musettes, l’Amérique est sortie de la crise ! Pff, que du flan les amis. Comment est-il possible de mentir aussi effrontément ? Pourquoi mentir de la sorte ? Est-ce par peur des esprits moqueurs tels que moi ? Est-ce par un déni inconscient de la réalité ? Est-ce par une fierté soucieuse de son image d’omnipotente Amérique ? Un peu les trois sans doute. En tout état de cause, les faits sont là.
Aux Etats-Unis, aujourd’hui, un tiers de la population – soit un peu plus de cent millions de personnes – n’arrive plus à joindre les deux bouts et compte sur les coupons d’alimentation – version un peu moins voyante de la soupe populaire – pour manger. Sans cette aide, il n’aurait pas de quoi se nourrir et serait voués à la faim. Ce qui est sûr, c’est que pour le pays le plus puissant du monde, ça la fout mal. Conséquence, le produit intérieur brut tel que fourni pas les autorités est faux, d’aucuns rapportent le chiffre incroyable de 25 à 30%.
A Détroit, capitale mondiale de l’automobile, ville de Ford et de Général Motors, symbole de l’american way of life, des organisations non-gouvernementales éduquent les pauvres – des noirs il va sans dire – à cultiver leur jardin et à élever quelques animaux pour assurer leur subsistance. La suite >











