Articles & nouvelles
Éloge du couloir de bus
16/11/10
Cette éloge du couloir de bus est un éloge du pragmatisme incivique, d’une désobéissance civile à mon bénéfice exclusif. Afin de bien comprendre de quoi il s’agit ami lecteur, laisse-moi t’expliquer de quoi il retourne…
Chaque matin ou presque, l’autoroute qui me relie à mon travail est engorgé, trafic lent quasi-toujours, bouchon assez souvent. Je l’emprunte sur une quinzaine de kilomètre, de mon domicile à l’entrée dans la grande métropole. Ce afin d’exercer mon activité alimentaire d’informaticien – il n’y a pas de sot métier. Quand le trafic est lent, il me faut environ quarante minutes et une heure en cas de bouchon. Je compte donc quarante-cinq minutes de moyenne. S’ajoute encore environ vingt minutes de circulation en ville, et j’arrive à environ une heure cinq en moyenne. Chaque soir, le retour est un peu meilleur et ne requiert que vingt-cinq minutes.
Une heure trente par jour dans ma voiture, huit heures de présence sur mon lieu de travail et une heure pour le déjeuner. Je consacre donc dix heures trente pour assurer une subsistance agréable à ma famille. Putain, pour simplement crouter, ça fait cher quand même. J’admets que je ne suis pas tant à plaindre, mais je suis un esclave, comme Nietzsche l’entendait. C’est d’ailleurs précisément ainsi que je me considère. La suite >
Le match Onfray vs Roudinesco sur Le Mensuel
30/06/10
Ce midi là, alors que la perspective de manger seul ne m’enchantait guère, je m’achetai le magasine Le Mensuel – le meilleur du Monde, alléché si on peut dire par les perspectives d’austérité en Europe. C’était la première fois que je tombais sur ce canard, et je découvris qu’il contenait une sélection des meilleurs articles du Monde, au format ad-hoc et papier glacé. En un mot attirant. Ni une, ni deux, je l’achetai et m’en retournai pour le lire en mangeant. Ce que je fis en mastiquant distraitement mon sandwich, attentif du coin de l’œil à ne pas perdre la moitié de la garniture en essayant de mordre dedans, et en foutre sur la table, sur les doigts, de me les essuyer, mettre alors des traces de doigt sur les pages. L’horreur !
Dans le numéro que j’achetai, il y avait un dossier sur la polémique entre Michel Onfray et l’inévitable, l’inamovible, la déplorable Elisabeth Roudinesco. Les deux protagonistes y ont chacun une tribune généreuse pour exposer leur argumentaire, débattre enfin. Mais non, tout tourne – une fois encore – au pugilat. Roudinesco attaque ad hominem. Onfray se défend. L’amateur de baston se marre, car les bâches sont de tout premier ordre, mais sur me fond, le lecteur s’emmerde, électro-encéphalogramme plat. On apprendra rien de nouveau, mais on se fera plaisir dans le fight des protagonistes. La suite >
Un rêve de Shibām
23/06/10
Il y a de la magie dans le désert. Cela ne fait aucun doute. Une magie singulière qui nous renvoie au plus profond de nous même et qui, ce faisant nous relie au tout. Cette notion de lien est essentielle, nous allons le voir. Cette magie du désert, je l’ai ouï dire sans jamais l’expérimenter, à mon grand regret note le ami lecteur. Les images et les sensations du désert, je les ai imaginés – entièrement – à partir de tous les récits de voyage, les photos et les documentaires filmés. Le rêve, c’est le voyage du pauvre, c’est aussi la façon de se créer liberté, pour le dire à la façon de Nietzsche. C’est très important les rêves et l’imagination !
Ah, ah ! Je les vois pester contre les rêveurs, tous ces super productifs, ces kapos qui ambitionnent de faire rendre au technicien, à l’ingénieur, son meilleur effort. « Pas rentables les rêveurs ! Au prix où ça coûte, un ingénieur, il a intérêt à le mériter, son salaire. Et la collectivité, elle a investi combien dans sa formation ? Surtout, qu’il n’oublie pas qu’il a de la chance de bosser alors qu’ils sont des millions qui aimeraient faire ce qu’il fait ! Et patati, et patata… » La suite >
Articles : Michel Onfray vs Freud…
14/06/10
![]()
- Le match Onfray vs Roudinesco sur Le Mensuel
- Roudinesco vs Onfray, feuilleton de l’été ?
- Roudinesco mon amour…
- Desproges, précurseur de Onfray
- Antiphon d’Athène, précurseur de Freud
- La vendetta anti-Onfray des psy
- La polémique Michel Onfray vs Freud
- Célébration de Michel Onfray
- L’espanche et précieux ami
Le moins que l’on puisse dire avec le dernier livre de Michel Onfray, c’est qu’il a déclenché un raz-de-marée de passions, hostiles principalement, favorables beaucoup moins souvent. J’en suis des favorables même si je me garde jalousement d’appartenir aux dithyrambes exaltés.
Pour les hostiles, et pas qu’un peu, nous avons les pontes de la psychanalyse ; Elisabeth Roudinesco en tête. Exaltée, elle l’est, en publiant pour commencer un article «droit de réponse» dans le site web du Nouvel Obs. Ensuite, elle persiste et signe, et sort un livre pour dézinguer Onfray, et gagner du pognon sur l’engouement médiatique. Enfin, la face obscure de fucking Betty, agissant en loucedé, pour couper les vivres de l’université populaire de Caen. Dégueu ! La suite >
La polémique Michel Onfray vs Freud
2/06/10
Ami lecteur, comme tu as déjà pu le lire, j’ai beaucoup d’estime pour Michel Onfray, qui m’a fait aimer la philosophie dans sa Contre histoire-de la philosophie. À la sortie de son dernier livre, excité comme un écolier, je me suis rué dans ma librairie favorite pour l’acheter. Déjà, la couverture de cet objet convoité m’a amusé et donné d’emblée le ton du livre. Le philosophe se propose de rectifier la légende de Freud (Sigmund) à grand coups de pompe dans la derche. Et c’est bon, ça ! Le livre est bien écrit, délié et fluide, et pour ceusses qui aiment le ton polémique – et j’en suis – c’est la fête ; champagne, les gonzesses arrivent !
Par contre, je m’abstiendrai de donner mon avis sur le fond de la polémique car je n’ai pas encore eu le temps de terminer le livre – j’ai encore un bon tiers à terminer. Mais en temps et en heures, je le donnerai, et dans ce blog encore ! Mais un bouquin comme celui-là, il faut que ça se digère, que ça se rumine et que les idées s’instillent dans l’esprit du lecteur. Bref, y en a peut-être qui vont arriver à te torcher le boulot en neuf secondes et cinquante huit centièmes. Moi j’y arrive pas.
Donc, histoire de causer un peu, je vais revenir sur le tôlé médiatique qui est tombé sur le pauvre Michel Onfray, que j’ai trouvé, en toute honnêteté, d’une grande brutalité. En complète disproportion avec le ton ironique et gentiment bravache de Michel Onfray. Attention, quand je dis pauvre au sujet de Michel Onfray, il faut bien évidemment y voir une figure de style, car l’auteur n’est démuni ni sans défenses. Le personnage n’a cure des piqures de moustiques et son destin n’est pas d’être un chasse mouche – dixit Zarathoustra de Nietzsche (Friedrich). La suite >
China versus Africa – Acte 1
27/05/10
|
Table des matières ( ✦ à suivre )
|
Du crétinisme chez les droit de l’hommistes
La semaine dernière, alors que je me rendais à la recherche de ma chère et tendre Xanthippe, je vis à un feu une affiche publicitaire pour une association caritative. Des petits bonshommes multicolores étaient alignés, introduisant un programmatique slogan : Si tu reçois un poisson, tu pourras manger un jour, si tu apprends à pêcher, tu mangeras toute ta vie. Les cons ! C’était quoi encore leur nom ? Ah oui, les Iles de la Paix. Je ne sais pas ce que tu en penses ami lecteur, mais un slogan tel que celui-ce fleure bon l’eau bénite. Je ne serais pas surpris qu’il s’agisse d’une association de curetons ou assimilée.
Alors, qu’ai-je fait ? J’ai été vérifier sur l’internet. Et j’avais raison. C’est une association fondée par un moine, devenu prêtre ensuite, et qui s’appelle le père Pire. Il n’est pas pire que quelqu’un ou quelque chose, le père Pire. Non, Pire c’est son nom – Dominique de son prénom. Et Pire a eu une vie exemplaire, au service des autres. Tant et si bien qu’il obtient le prix Nobel de la paix en 1958. Pas mal du tout, dirais-je. Ceci dit, il finit par mourir en 1969 – pour d’aucuns année érotique. Comme quoi… La suite >
Célébration de Michel Onfray
20/05/10
Michel Onfray, c’est grâce à son université populaire de Caen que je suis arrivé à me plonger utilement dans la philosophie. Ce qui n’est pas rien, tu l’admettras, considérant que comme la majeure partie de mes contemporains, je considérais – avant lui – la philosophie comme une discipline chiante comme la mort. Et telle qu’on me la vendit à l’époque, c’est l’exacte vérité. Amis lecteurs, faites pas vos mijaurées, je sais que vous êtes d’accord avec moi.
Moi, déjà au lycée, en terminale, la philo, c’était chiant. Le prof, un bourguignon sec à moustache, nous faisait partager le désopilant du quant à Kant et polémiquait ferme avec ma voisine, appétissante blonde, sur le statut ontologique de son chat (à la blonde). Grâce à mes études d’ingénieur, rationnelles, scientifiques, je réussis à me tenir éloigné de la matière. Ce dont j’étais bien heureux, je dois l’admettre.
Pourtant, des années plus tard, j’ai vu un film où Sartre (Jean-Paul) répondait à une interview d’un journaleux, tout foirant du sérieux qui sied à un journaliste en face d’un génie tel que lui. Expérience surréaliste, je l’ai regardé jusqu’au bout. Aux mots qu’il articulait, j’arrivai à la conclusion que c’était du français qu’il parlait. Mais si le gars avait pris ces mots au hasard dans le dictionnaire, pour moi, ça aurait été idem ; c’était un charabia incompréhensible. Si ça se trouve, le journaleux ne comprenait rien non plus, ni même sa horde de dithyrambes accrédités qui dodelinaient de la tête juste pour ne pas avoir l’air bête devant la caméra. Si ça se trouve, ça ne voulait rien dire et Sartre se foutait royalement de notre gueule. Qui sait ? Ensuite, histoire de ne pas mourir idiot, j’ai lu Hegel – si si ! Opiniâtre, j’ai tenu jusqu’à la deuxième page, mais c’est à partir de celle là que j’ai été définitivement lâché par le peloton, ramassé par la voiture balai, découragé, vaincu. Quelque chose devait m’échapper, je ne devais pas être apte à la philosophie, ou pas assez malin. Enfin, ça avait l’air balaise et plein de mots compliqués Hegel. Baste Hegel et Sartre, j’ai laissé tombé la philosophie. La suite >
Affaire de sexe et de burka
19/05/10
« Nous ne pourrons sauvegarder la pureté originelle de notre foi qui si nous savons l’adapter intelligemment au monde moderne. » Voilà ce que dit, en phrase liminaire, l’imam Adil Sertglaoui, lors de son prêche du vendredi. Il avait les traits fins, les yeux clairs et la barbe impeccablement taillée. Sa mise était élégante, raffinée bien qu’en tout point conforme à la tradition. Des gestes gracieux et précisément mesurés lui conféraient une grâce, une élégance absolument inhabituelle chez les pratiquants du salafisme, dont il était l’un des guides spirituels influents. Comme tous les vendredis, ils étaient nombreux à être venus l’écouter, aussi bien fidèles qu’informateurs infiltrés. Lesquels agissaient pour le compte de services de contre-espionnage chrétiens ou juifs.
« Satan lui même a conclu un pacte avec le sioniste américain et lui a donné Internet pour conquérir le monde en son nom. Corrompre l’âme de l’intègre musulman de saletés pornographique, voilà son triste dessein. En vérité je vous le dis, mes frères, sur ces sites, de grosses salopes chrétiennes, ou pire, juives, livrent leur béance dégoulinante à la concupiscence du spectateur. Et le djihadiste, après une dure journée de maquis, préfèrera s’y dégorger le poireau que de s’adonner à la prière de l’isha. Soucieux de voir le monde tel qu’il est et non pas tel que je voudrais qu’il soit, je suis parti en recherche d’une solution. L’idée suivante a germée dans mon esprit, qu’Allah le miséricordieux en soit remercié. Il nous faut contrer la main du malin en publiant nous même des sites pornographiques qui soient compatible avec la charia, notre bienaimée loi islamique. » La suite >
Les auteurs & leurs ayant-droits
3/05/10
J’aime Louis-Ferdinand, passionnément. À chaque fois que je suis confronté soit au voyage, soit aux autres oeuvres, je jubile devant le génie de l’auteur. C’est une jouissance noire, il s’entend. C’est une jouissance d’une folle intensité, mêlant à l’esthétique émotion un viatique libertaire, un cadeau de l’auteur à la postérité. Arrêtant ma plume à cette brève introduction, je réalisai que dès qu’il s’agissait de Céline, il se faisait en moi un calme olympien, un consensus bienfaisant avec l’autre moi. Ce qu’il te faut savoir ami lecteur, c’est que la simple évocation de l’auteur suffit à faire apparaître cet autre moi, ce compagnon de chaque instant. Bienveillant, détendu, il prit la parole à mon adresse.
« Un texte génial explose les bornes que son auteur a disposé pour le mettre en forme, me dit-il sur un ton docte mais amène. C’est même la particularité du génie de permettre à son texte de recevoir par sa main une force qui le transcende.
- Transcende ? Répondis-je, ironique comme à mon habitude. Serais-je, par ton intermédiaire et à mon corps défendant, redevenu croyant ? Voilà qui serait singulier, surtout après tous ces efforts consentis afin de s’en affranchir. Que veux-tu donc dire par là, cher ami ? Il prit un long temps de réflexion et respira pour la réplique qu’il me préparait. La suite >
Volcan & révolution française
1/05/10
Pour commencer, ami lecteur, partons pour l’Islande, pays des banques en faillite et des sources géothermiques. Cette île située à la confluence de plusieurs plaques de la croute terrestre jouit d’une très intense vie géologique, laquelle forme à l’envi des sources chaudes, des geysers et bien sûr de terribles et fascinants volcans. Une fois éveillés, La suite >









