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Dipardiou en Cyrano
Quand le moral est dans les godasses, bien ancré et pour un moment. Quand ton patron, qui cherchait un prétexte pour te descendre et t’expédier ad patres, a enfin trouvé la faille et éructe de plaisir à t’annoncer la grande nouvelle. Quand la tristesse t’accable de voir tes enfants plus avec les personnes qui les gardent et/ou les éduquent. Quand les petites joies de la vie peinent à compenser emmerdes et vilainies de quelque nobliaux à vocation homicide, que reste-t-il sinon le panache ? Rien.
Heureusement donc, il y a le panache ! Et pourtant, Edmond Rostand est catégorique dans son Cyrano, le panache est inutile. Que dire, sinon qu’il a raison ! D’autant plus raison que nous vivons dans une époque déplorable où nous ne sortons de notre solitude que pour jouer la proie ou le prédateur. Réjouissant ! Et bien, merde aux cons, car entendre Cyrano dans sa fameuse tirade du Non merci ! ça fait du bien, ça fait vachement du bien. Ami lecteur, cette tirade lis-là, ressens-là, vis-là et tu verras, l’effet est garanti.
La tirade des « Non merci ! »
LE BRET
Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire,
La fortune et la gloire… La suite >
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Gustav Klimt - L'arbre de vie
As-tu peur de la mort, ami lecteur ? Oui, probablement, comme tout le monde. Et pourquoi as-tu peur de la mort ? Parce que ta vie va s’achever, parce que tu n’existeras plus après. C’est super angoissant comme idée ! Et c’est la volonté de vie – celle qui nous fait être ce que nous sommes – qui nous fait ressentir cette peur, puissante, omniprésente. Elle nous l’instille pour nous dissuader de prendre notre vie d’une manière désinvolte, voire d’une manière risquée. À n’importe quel prix (ou presque), elle veut durer, se conserver, se perpétuer.
Il n’y a rien à redouter dans le fait de vivre, pour qui a authentiquement compris qu’il n’y a rien à redouter dans le fait de ne pas vivre.
Épicure
Et alors, pourquoi qu’Épicure lui, il s’en fait pas ? Simple, il a compris la nature de cette peur de la mort, La suite >
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La mortelle illustration
Quel titre étonnant ! Ne trouves-tu pas ami lecteur ? Du porno hédoniste est-il possible ? Oui, ça semble évident. C’est du plaisir que le spectateur vient chercher dans le film ou la séquence porno. Non, pas si évident, si l’on considère le formatage d’un film porno. Le formatage est simple :
« Le décor. Un type déambule je ne sais où et croise une bonnasse qui frétille du cul à l’endroit du gonze précité. L’intrigue. Après un temps plutôt court, parfois réduit à zéro, la bonnasse s’empare de la sulfateuse à moustache du type pour se l’introduire (autant que faire se peut) dans la bouche. Satisfait de l’opération, après avoir redressé la bonnasse (qui en demandait grave) dans une position ad-hoc, le gonze se met à bourrer le tas avec l’énergie d’un piston de locomotive à vapeur, ce dans diverses positions et divers orifices dont la décence m’interdit ici l’exhaustive énumération. Le dénouement. Au moment où l’homme manifeste quelques signes de grognement d’ours ou de trisomique se fouillant le nez avec un opinel (marque déposée), la bonasse présente son visage ou sa bouche au membre inquisiteur, lequel déverse alors sa sauce indifféremment (et spasmodiquement) dans sa bouche, ses yeux, ses cheveux. Et ça s’arrête là. Circulez, plus rien à voir !. » La suite >
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Un essai sur le mariage
Mariages politiques à des fins diplomatiques ; mariages bourgeois pour agréger des grandes fortunes en des fortunes encore plus grandes ; mariages paysans pour préserver les terres à cultiver ; jusqu’au vingtième siècle, le mariage ne s’évaluait que sur l’hôtel de l’intérêt, quel que soit le niveau social où l’on se plaçait. Depuis des lustres, le mariage était alors perçu comme l’union de deux familles où les deux protagonistes ne comptaient que fort peu, voire pas du tout.
Alors forcément, dans un dix neuvième siècle ouvert aux idées neuves, le concept de mariage d’amour apparut comme singulièrement inédit, progressiste, donc en un mot moderne, vertu capitale s’il en était à l’époque. Peu à peu, le mariage d’amour fit son petit bonhomme de chemin et devint dans le milieu du vingtième siècle la justification impérative du mariage. Pas de mariage sans amour, et l’amour, marketing de masse oblige, devint passion.
Tant et si bien que de nos jours, les mariages durables font figures d’exceptions, devenus comme tout le reste de simples produits de consommation ; achats d’impulsions, consommations rapides et une fois usés, jetés aux ordures et remplacés. Sauf que lorsqu’un mariage capote, il s’agit immanquablement de la paupérisation d’une famille, un moment de négativité pour les conjoints et un déchirement pour les enfants. La suite >
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Sénèque - La vie heureuse
Sénèque – La vie heureuse
< Chapitre VI Table des chapitres Chapitre VIII >
Joignez à cela, que le plaisir s’unit même à la vie la plus honteuse; au lieu que la vertu n’admet pas une mauvaise vie. De plus, certains hommes sont malheureux, non pas en l’absence du plaisir, mais à cause du plaisir même : et cela n’arriverait pas, si à la vertu s’était incorporé le plaisir, dont souvent elle manque, dont jamais elle n’a besoin. Pourquoi réunissez-vous des objets différents, et même opposés ? La vertu est quelque chose d’élevé, de sublime, de souverain, d’invincible, d’infatigable; le plaisir, quelque chose de rampant, de servile, d’énervé, de chancelant, dont le poste et la demeure sont les lieux de prostitution et les tavernes. La vertu, vous la trouverez dans le temple, dans le forum, dans le sénat, debout sur les remparts, couverte de poussière; elle a le teint hâlé, les mains calleuses; le plaisir, vous le verrez fuir de cachette en cachette, et chercher les ténèbres, aux environs des bains, des étuves, et des lieux qui redoutent. la présence de l’édile; le plaisir est mou, lâche, humecté de vin et de parfums, pâle ou fardé, et souillé des drogues de la toilette. La suite >
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La St Barthélemy
Rappelle-toi ami lecteur du film La Reine Margot de Patrice Chéreau en 1994 avec la sublimissime Isabelle Adjani avant de virer gros tas, avec aussi Daniel Auteil, Vincent Pérez et Jean-Hugues Anglade. Un beau film de plus trois heures relatant la « nuit de la Saint-Barthélemy » en 1572 où plusieurs milliers de protestants furent expédiés ad patres par des catholiques convaincu de promouvoir la vraie foi contre l’hérésie huguenote. Un massacre, un de plus, rappelle-toi de ma chronique d’hier sur les grandes heures de la religion catholique.
Un beau film de Patrice Chéreau, mais un film dur, empli d’images très (trop) sanguinolentes dans un Paris sale et gris. Un film très paranoïaque aussi où on s’identifie à Henri de Navarre obligé d’abjurer sa foi pour sauver sa peau, et les intrigues permanentes pour l’éliminer. Ça fout vraiment les boules de sentir la mort qui rode, glauque et menaçante. Adjani superbe comme je l’ai déjà dit et Vincent Pérez et sa grosse quéquette. Bref, un film formidable à voir, même si le thème risque de tuer l’ambiance d’une soirée entre amis. La suite >
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Sénèque - La vie heureuse
Sénèque – La vie heureuse
< Chapitre V Table des chapitres Chapitre VII >
« Mais l’âme aussi, me dit l’épicurien, aura ses plaisirs. » Eh bien, soit, et qu’elle cède à la débauche, en arbitrant aussi les plaisirs; qu’elle se remplisse de tous ces objets qui ont coutume de charmer les sens; qu’ensuite elle reporte ses regards sur le passé; qu’éveillée par le souvenir des plaisirs dissolus, elle s’élance de ceux qui ont précédé, et que déjà elle plane sur ceux qui doivent suivre ; qu’elle range méthodiquement ses espérances, et que, le corps étant plongé dans les grossières jouissances du présent, l’âme, pendant ce temps-là dépêche ses pensées vers les jouissances de l’avenir. En cela elle me parait plus misérable, parce que prendre le mauvais au lieu du bon c’est folie. Or, d’un côté, sans la saine raison nul n’est heureux, et de l’autre, on n’est pas sain d’esprit, quand, au lieu des choses les meilleures, on recherche celles qui doivent nuire. L’homme heureux est donc celui qui a le jugement droit, celui qui se contente du présent, quel qu’il soit, et qui aime ce qu’il a. L’homme heureux est celui auquel la raison fait agréer toute situation de ses affaires. Ils voient, ceux-là même qui ont dit que le plaisir était le souverain bien, quelle honteuse place ils ont assignée à ce dernier. La suite >
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Sénèque - La vie heureuse
Sénèque – La vie heureuse
< Chapitre IV Table des chapitres Chapitre VI >
D’un autre côté, vous voyez à quel misérable et pernicieux esclavage sera réduit l’homme que possèderont alternativement les plaisirs et les douleurs, ces maîtres les plus capricieux, les plus absolus, qu’il y ait au monde. Il faut donc prendre son essor vers la liberté; celle-ci, rien autre chose ne la donne, que l’indifférence pour la fortune. Alors naîtra cet inestimable bien, le calme d’un esprit placé dans un asile sûr, et sa haute élévation. Les terreurs étant bannies, il résultera de la connaissance du vrai une satisfaction grande et stable, puis l’accueil obligeant, puis l’épanchement de l’âme. A ces douceurs, elle trouvera des charmes, non pas comme à des biens, mais comme à des produits de son bien. Puisque j’ai commencé à procéder largement, je puis encore dire que l’homme heureux est celui qui ne désire rien, qui ne craint rien, grâce à la raison. On sait bien que les pierres aussi existent sans crainte ni tristesse, et qu’il en est de même des bêtes; cependant personne, en se fondant là-dessus, n’appellera heureux des êtres qui n’ont pas la faculté de comprendre le bonheur. La suite >
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Sénèque - La vie heureuse
Sénèque – La vie heureuse
< Chapitre III Table des chapitres Chapitre V >
On peut encore décrire autrement notre bien, c’est-à-dire, énoncer la même opinion en des termes qui ne soient pas les mêmes. Voyez un corps d’armée : tantôt il est déployé sur un terrain spacieux, tantôt il est concentré dans un lieu étroit. Quelquefois, courbé par le milieu, il prend la forme d’un croissant; ou bien, se développant, il présente un front aligné : ce corps, quelle qu’en soit la disposition, a la même force, la même volonté de tenir pour la même cause. C’est ainsi que la description du souverain bien peut, ici être distribuée sur des points épars et s’étendre, là être resserrée et réduite dans ses bornes. Je puis également dire : « Le souverain bien est une âme qui méprise le hasard et dont la vertu fait la joie; ou si l’on veut, c’est une invincible force d’âme, appuyée sur la connaissance des choses, calme dans l’action, accompagnée de bienveillance pour les hommes en général et de soins pour ceux avec qui l’on vit. La suite >
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Sénèque - La vie heureuse
Sénèque – La vie heureuse
< Chapitre II Table des chapitres Chapitre IV >
Quant à moi, je cherche plutôt quelque chose qui soit bon à l’user, que je sente, et non que j’étale aux yeux. Ces objets que l’on regarde, devant lesquels on s’arrête, que l’un tout ébahi montre à l’autre, au dehors ils brillent, au dedans ils sont misérables. Cherchons quelque chose qui soit, non pas bon en apparence, mais solide, égal, et d’autant plus beau, que l’on y pénètre plus avant. Voilà ce qu’il faut arracher du fonds qui le recèle; et ce n’est pas loin; on le trouvera; il faut seulement savoir, où porter la main. A présent, comme dans les ténèbres, nous passons au delà de ce qui est près de nous, heurtant contre cela même que nous désirons. Mais, pour ne pas vous traîner à travers des préambules, je passerai sous silence les opinions des autres; car il serait long, et de les énumérer, et de les réfuter : c’est la nôtre, que voici. Quand je dis la nôtre, je ne m’attache point à tel ou tel prince des stoïciens; et moi aussi, j’ai le droit d’opiner. En conséquence, avec l’un, je me rangerai de son avis; quant à l’autre, j’exigerai qu’il divise. Peut-être même, appelé à voter après tous, je ne désapprouverai rien de ce que les préopinants auront décidé, et je dirai : « Voici ce que je pense de plus. » La suite >
about 2 years ago
L’oeuvre est unique mais combien d’interprétations ! Peut-être vais-je redécouvrir celle que j’écoutais enfant, jamais retrouvée…
Merci pour votre article.
about 2 years ago
Céline> N’était-ce pas l’interprétation de Karl Bohm (disponible en DVD) ?
about 2 years ago
Céline, il me semble que c’est l’interprétation de Bernstein. La version de Karl Bohm est excellente, je l’ai aussi, je pourrais cher(e) ami(e) lecteur(trice) le mettre à ta disposition.
about 1 year ago
le chanter…c’est pénétrer cette sublime beauté par l’intérieur…