Croix celtique - Irlande

  Croix celtique - Irlande

Le requiem de Mozart, c’est le requiem des requiem. Le chef d’œuvre des chefs d’œuvre. Aucune production musicale humaine ne le surpasse, toutes cultures confondues. Un absolu de beauté en soi, presque un idéal platonicien, une fois n’est pas coutume. Tant et si bien que la Nasa l’a désigné pour devenir la carte de visite spatiale et musicale de l’humanité dans son message radio télescopé à destination du cœur de notre galaxie (la zone plus susceptible d’écouter ce message parvenue de la Terre).

Et pourtant, ce requiem est incomplet car le génial compositeur est mort avant de le terminer. Je prendrai le temps ami lecteur de te proposer diverses versions de plusieurs chef d’orchestre, mais je commence par mon préféré, celui de Léonard Bernstein, somptueusement interprété grace à un tempo particulièrement lent. Un véritable pied de nez, qui n’est que justice, de Bernstein le juif à Herbert Von Karajan, nazillon tombé de son nid (d’aigle?) en 1945. Seul le Confutatis est peut être un poil lent mais le tempo choisi conduit l’auditeur à l’orgasme musical du Lacrimosa lorsque tonne le Amen de la fin, ponctuant de la plus sublime des manières l’inéluctabilité de la mort.

I. INTROITUS - 01. Requiem
II. KYRIE- 02. Kyrie
III. SEQUENZ - 03. Dies irae
III. SEQUENZ - 04. Tuba mirum
III. SEQUENZ - 05. Rex tremendae
III. SEQUENZ - 06. Recordare
III. SEQUENZ - 07. Confutatis
III. SEQUENZ - 08. Lacrimosa
IV. OFFERTORIUM - 09. Domine Jesu
IV. OFFERTORIUM - 10. Hostias
V. SANCTUS - 11. Sancus
VI. BENEDICTUS - 12. Benedictus
VII. AGNUS DEI - 13. Agnus Dei
VIII. COMMUNIO - 14. Lux aeterna

C’est anéanti qu’on ressort du Lacrimosa, berceuse de mort nous invitant à nous endormir à jamais. Quel exercice que d’affronter la mort, et de la voir sa mort à soi, sans artifices ni simagrées. Et ce faisant l’apprivoiser quelque peu, pas à pas. Quelle expérience majeure, mystique ! Expérience n’accréditant en rien l’existence de quelque dieu à flagorner mais expérience qui permet de ressentir cette force de mort. Qui n’est au fond que l’avers de la force de vie, qu’on l’appelle volonté comme Schopenhauer ou la volonté de puissance comme Nietzsche.

Épicure nous écrit que la mort n’est pas à craindre dans son quadruple remède, ce requiem nous incite à le ressentir et pas seulement à l’intellectualiser. Et la mort n’est pas à craindre, vraiment. Quel cadeau de Mozart d’avoir composé ce Requiem, de Süssmayer de l’avoir terminé, à Leonard Bernstein de l’avoir si magistralement interprété. A chacun de vous trois, merci, merci et merci…