Article tagué L’archipel préchrétien
L’épicurisme campanien par Michel Onfray
11/10/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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L’épicurisme campanien désigne la seconde période de l’épicurisme antique, celui qui eut lieu lors du premier siècle avant notre ère, à peu près à l’époque de Jules César et de Pompée. Le cœur géographique de cette période philosophique riche se situait à la villa de Pison – la villa des Papyrus que nous avons vu dans le cours précédent. Et cette villa se trouvait dans la ville d’Herculanum en Campanie, ensevelie par le Vésuve en 79.
La Campanie, c’est une très belle région d’Italie donc, située en gros autour de la baie de Naples. C’est aussi la fameuse région du livre et du film document Gomorra, qui raconte comment ce magnifique endroit s’est trouvé gravement daubé par des déchets toxiques enfouis illégalement et pour des clopinettes par la mafia – certains déchets pouvant s’avérer hautement toxiques, comme de la dioxine ou que sais-je encore. Contaminée, elle l’est la Campanie, peut-être à jamais. La suite >
Sous la cendre, Philodème par Michel Onfray
6/10/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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À Herculanum, la villa des Papyrus, villa appartenant à Pison, beau-père de Jules César, a été ensevelie par l’éruption du Vésuve en 79, et dégagée lors de fouilles archéologiques qui ont débuté dès le 18eme siècle et qui dure encore aujourd’hui. Il faut dire que ce qui y a été découvert est exceptionnel. Sous la roche, les archéologues ont exhumé une remarquable série de statues en bronze, ainsi que des bustes – dont Épicure, des statues et copies lapidaires – copies en pierre j’imagine – de bronzes grecs d’époque classique. Mais surtout, trésor des trésors, plus de mille huit cent rouleaux de papyrus ont été préservés, les boues brûlantes ayant instantanément enrobé les rouleaux de papyrus.
Dans ces rouleaux, on y découvre de la philosophie grecque, dont des textes épicuriens de Philodème de Gadara, dont certains de ces textes se trouvaient à plusieurs exemplaires. L’exploitation de ces rouleaux carbonisés s’est avérée particulièrement difficile, car des plus fragiles. Certains ont pu être déroulés, certains ont été détruits. Assez ceci dit pour exhumer la pensée épicurienne de Philodème de Gadara. Michel Onfray dans cette conférence introduit la pensée épicurienne de Philodème en abordant cette villa des papyrus en tant qu’objet philosophique, et c’est vraiment intéressant de voir comment cette villa nous renseigne sur son propriétaire, sa perception du monde ainsi que sa philosophie. La suite >
Philosophie du jardin d’Épicure par Michel Onfray
29/09/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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Ami lecteur, voici dernière conférence de Michel Onfray traitant spécifiquement d’ Épicure et de son jardin, l’endroit où il se réunissait avec ses disciples et où l’objectif était de vivre une vie philosophique ensemble. Le jardin d’Épicure m’évoque le jardin d’Eden peut-être, le jardin aux milles plaisirs et au bonheur sans faille. Caricatural sans doute, je m’imagine l’endroit. Des oiseaux chantent dans l’air du soir et je m’enivre d’un verre de vin frais et des senteurs du jardin, thym, romarin, lavande, jasmin et que sais-je encore. Assis dans le bien être, éveillé à l’alentour, je peux jouir du calme que m’offre cette nature ou savourer la conversation à autrui. Conversation jolie et plaisante, sans blanc qui gène mais sans objectifs particulier, nous n’aurions qu’à profiter de la parole libre.
C’est mon jardin philosophique, mélange bucolique de mes aspirations d’adultes et de mes émerveillements d’enfant, quand le monde était encore à découvrir, et les expériences encore bonnes à être vécues. Il y a peut-être un peu de vrai dans ce phantasme qui est le mien, car le jardin est le lieu où l’on peut expérimenter de la possibilité du bonheur. Celui-ci ne peut découler que d’une simplicité inspirée par une nature sans artifice, dans laquelle nous nous intègrerions sans avoir à ressentir de désagréable discontinuité. Et je me fais la réflexion à l’instant qu’il doit y avoir quelque chose de zen chez cet Épicure à moi et sa philosophie. La suite >
L’athéisme tranquille d’Épicure par Michel Onfray
19/09/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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Simple comme tout, facile à comprendre et à retenir, le tétrapharmacon épicurien, c’est un outil d’une formidable utilité, c’est le cadeau qu’Épicure nous a fait il y a vingt cinq siècles. Traduction de tétrapharmacon ? Quadruple remède. Son objectif, nous permettre de bien vivre pour les uns, de mieux vivre pour les autres.
Et il raconte quoi ce tétra machin chouette ? De un, les dieux ne sont pas à craindre. De deux, la mort n’est pas à craindre. Deux remèdes comme moyen de congédier la peur, et ceux (innombrables) qui en font commerce, et qui permettent l’autonomie (voire la liberté) chère au philosophe. De trois, la douleur est supportable. De quatre, le bonheur est possible. Une fois affranchi de la peur, deux remèdes, pour affronter la négativité d’une part, pour jouir de ce que la vie est susceptible de nous offrir d’autre part. La suite >
Une philosophie cochonne ? par Michel Onfray
17/09/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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Du vivant même d’Épicure, ce qu’on appelle aujourd’hui l’establishment s’est attaché à ternir l’image du philosophe et de sa doctrine. Et cette mauvaise réputation s’est transmise de siècles en siècles. Aujourd’hui, dans l’inconscient collectif, l’épicurien est quelqu’un qui bouffe beaucoup, boit énormément et baise en conséquence. Un gros porc quoi ! Même si d’aucuns peuvent se targuer d’être épicuriens sans encourir l’opprobre publique, et même s’en enorgueillir, c’est à cause du marketing de masse qui ambitionne (à n’importe quel prix) de nous faire consommer un maximum, nous faisant l’épicurien comme un modèle par nous désirable.
Mais qu’on ne s’y trompe pas, ami lecteur, on veut faire de nous des gros porcs, consommateurs accrochés autant qu’affalés à leur télévision et non pas réhabiliter la mémoire du grand Épicure. Fameuse nuance ! Une mauvaise réputation donc pour lutter contre le danger d’une doctrine comme celle d’ Épicure. Un penseur autonome est un individu dangereux, car incontrôlable. Il sort du cadre qu’on lui a assigné, celui de produire (le travail), de se reproduire (la famille) et de défendre la caste qui le dirige (la patrie). De Platon à Pétain en passant par Sarkozy, mêmes combats, mêmes attendus, mêmes objectifs. La suite >
Physiologie d’Épicure par Michel Onfray
13/09/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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C’est le corps qui pense, voilà ce que j’ai retenu de ce premier cours de Michel Onfray sur Épicure. Cette phrase à l’air conne de prime abord. Pourtant, elle fait un effet bœuf cette phrase anodine. Je te recommande ami lecteur, d’intégrer cette réalité aussi intimement que possible. Oui, c’est une réalité, n’en déplaisent aux dualistes, c’est le corps qui pense.
Et c’est un exercice recommandable que de se rappeler que c’est le corps qui pense, à faire autant que faire se peut. Le corps qui pense ; cela apaise l’esprit en le ralentissant, comme si le film de notre réalité se mettait à défiler lentement. Le corps qui pense ; cela améliore la perception, permet une concentration maximale, ce que les hypno thérapeutes appellent l’état de fluidité. Le corps qui pense ; c’est aussi le plaisir pris à notre présence au monde, dans la contemplation d’un ciel bleu, d’un nuage moutonnant ou dans le moindre brin d’herbe s’obstinant à pousser sur l’asphalte d’une route. La suite >
Les enjeux de l’épicurisme par Michel Onfray
7/09/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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Parmi la liste (nombreuse) des conférences de Michel Onfray, je dois avouer que j’aime beaucoup celle-ci. Elle permet de voir la vie des idées au travers des siècles, vingt cinq pour être précis entre les présocratiques et nous autres. Et les idées ont bel et bien une vie, c’est cela qui me fascine. Le philosophe explique qu’il existe deux grandes traditions philosophiques dans l’Europe chrétienne (ou préchrétienne) issue de l’Empire romain et de la Grèce antique. Aujourd’hui encore.
La première tradition est la tradition idéaliste, majoritaire, représentée à la base par Platon. C’est la tradition vertueuse des pouvoirs de toujours, incitant le commun à l’obéissance, et lui promettant pour ce faire une vie éternelle et heureuse, dans un autre monde. La seconde est une tradition immanente, où tout acte trouve sa récompense dans cette vie et pas dans une autre vie très hypothétique et très improbable. Cette tradition est portée par Epicure. La suite >
Sauvons Eudoxe & Prodicos par Michel Onfray
3/09/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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Michel Onfray sauve les deux philosophes méconnus susnommés dans le titre. Cours instructif qu’on écoute religieusement du début à la fin, comme d’habitude. J’apprécie l’histoire d’Eudoxe et ce qu’elle nous enseigne ; l’humilité. Eudoxe était un type brillant, nul n’en doute, et pourtant…
Eudoxe, matheux brillant, scientifique éclectique et talentueux calcule l’année terrestre à 365 jours et un quart. Un tour de force incontestable qui lui vaut une autorité dans le milieu de l’époque. Il découvre alors la nature géocentrique de l’univers, qu’Aristote reprendra à son compte. Fortiche le gars ! Et balaise l’Aristote.
C’est cela qui me fascine dans les calculs astronomiques aristotéliciens, et où Eudoxe démontre l’étendu de son brio, c’est la précision folle des résultats, et la prédictibilité quasi-totale des évènements célestes. Prédictible, mais aux axiomes faux. Complètement faux, la terre n’est pas au centre de l’univers. La suite >
Les sophisteries platoniciennes par Michel Onfray
30/08/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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Vous avez vu le buste ? Ça rigole pas. Le Platon, c’est pas un pédé. Compte tenu de son métier, lutteur et de sa corpulence généreuse, m’est avis qu’il valait mieux pas l’emmerder le gars. C’est peut-être par peur des baffes que ses contradicteurs se sont tus. Et c’est encore peut-être pour cela que ses idées ont triomphées dans l’histoire. Et pourtant, dieu sait que c’est des idées de merde dont il s’agissait. Que oui, idées de merde !
Idées de toujours de tous les pouvoirs en place, avec en ligne de mire le contrôle de la plèbe et le maintient des privilèges de la caste au pouvoir. Et pour cela, tous les moyens sont bons. Justifier l’ordre existant par un idéal de vertu, se composant, décidemment on invente rien, de travail, de famille et de patrie. Bref, magnifier pour Platon la Grèce qui se lève tôt, couillons de toujours, apportant leur concours à ceux qui le tyrannise.
Bien oui, comme toi ami lecteur je pense à La Boétie, et son génial discours de la servitude volontaire. J’en parlerais volontiers, mais là c’est de Platon dont parle Michel Onfray, et du Philèbe, le discours sur le plaisir. Il nous parle du piège lancé à Protarque, en vue de discréditer sa doctrine hédoniste. La suite >
La jouissance cynique par Michel Onfray
27/08/10
Michel Onfray – Contre-histoire de la philosophie
Année 2002-2003 – L’archipel pré-chrétien
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Qui dit Cynique dit Diogène de Sinope. Et Diogène, quel homme ! Vivant dans un tonneau, enfin dans une amphore, le tonneau ayant été inventé par les gaulois ultérieurement (un cocorico au passage ne coutera rien). Autonome, il choisit le dénuement d’une amphore pour ne pas avoir à payer le confort par sa liberté. Fort. Autonome, il refusait également l’obéissance et la servitude. Et là, quand je me vois, ainsi que mes deux fils, je me dis que l’obéissance n’est pas notre truc non plus dans la famille. Alors forcément, il est fait pour me plaire, ce Diogène.
Laisse-moi te conter ami lecteur une petite anecdote qui te prouvera (j’en suis sûr) que le père Diogène était sévèrement burné. L’anecdote, c’est Alexandre le Grand qui va voir Diogène car le philosophe s’est déjà largement fait connaître chez les grecs. Pour info, Alexandre c’est celui qui avait le sang chaud et qui s’en est allé jusqu’en Inde expédier ad patres toutes les armées qui avait commis l’imprudence de se trouver sur sa route. Pour résumer, il fallait pas l’emmerder, l’Alexandre. Alors donc, il va le voir et lui dit : La suite >











